3-3) La presse en danger

 

          Dans tous les pays développés, les ventes de la presse écrite ne cessent de diminuer. La baisse de la diffusion est tendancielle dans le secteur en France (diminution de 10% depuis 2000) et plus largement dans les économies développées. En outre, à cause de sa faible compétitivité vis-à-vis de ses concurrents, le lectorat de la presse écrite vieillit. Internet, les journaux gratuits ou encore la radio et la télévision (notamment les chaines d’informations en continue) grignotent peu à peu des parts de marché et surtout attirent les nouveaux lecteurs. Le point commun de ces médias ? La gratuité et la facilité d’accès. La presse écrite traditionnelle souffre aussi de sa faible accessibilité. En effet, la presse écrite payante se situe dans une stratégie « pull » c’est-à-dire que le lecteur doit aller chercher l’information dans un point de vente ou faire la démarche de s’abonner. Son prix et son mode de distribution peuvent représenter des freins à sa lecture. Ses concurrents utilisent une stratégie « push » où l’on donne l’information au lecteur parfois même sans qu’il ne le demande : par exemple, on lui tend un journal gratuit en sortant du métro ou on lui résume l’actualité lorsqu’il consulte ses mails.

La vue globale des médias par les Français :

          40% des Français estiment que la qualité des médias s’est détériorée depuis dix ans, contre 35% qui estiment qu’elle est restée la même. Seuls 21% des Français estiment qu’elle s’est améliorée. Pour 63% des personnes sondées, les journalistes ne sont pas indépendants face aux pressions des partis politiques et du pouvoir (-3 par rapport à 2010). De même, 58% des Français sont méfiants à l’égard de la liberté des journalistes face aux pressions de l’argent (-2 par rapport à 2010). Enfin 56% des Français estiment que les médias ne sont favorables ni à la droite, ni à la gauche. Le média jugé le plus neutre est Internet (pour 60% des Francais), suivi par la radio (59%), la presse nationale (54%) et locale (52%).

          Depuis les années 1950, la presse quotidienne voit ses ventes et le nombre de ses titres diminuer. Elle est véritablement en crise depuis les années 1970. Moins de lecteurs, moins de vente de publicité, plus de concurrence: l'équilibre des journaux apparaît difficile et leur avenir, incertain.

Une perte d'identité

Aujourd'hui, moins d'un Français sur cinq lit un quotidien national chaque jour. Cette situation laisse penser que les Français n'y trouvent pas ce qu'ils y cherchent. Face à la concurrence de plus en plus écrasante de la télévision, la presse quotidienne nationale a eu tendance à adopter les sujets et les façons de faire de celle-ci au lieu de renforcer ses points forts: l'analyse et la distance par rapport à l'émotion. Dans plusieurs cas, des journaux ont publié précipitamment des informations qui se sont révélées fausses ou en partie fausses. Lors d'un sondage effectué au début du mois de février, un Français sur deux dit faire confiance à la presse écrite (49%, soit -6 points par rapport à l'année 2010). Ainsi, en n'affichant pas clairement sa différence entre elle et ses concurrents, la presse quotidienne nationale ne parvient pas à convaincre le lecteur de faire l'effort de l'acheter et de la lire.

La nouvelle concurrence

Un peu plus de la moitié des revenus d'un quotidien provient de ses ventes. L'autre moitié provient des pages vendues pour la publicité et les petites annonces. Les journaux en sont donc très dépendants. Or, ces revenus baissent aussi: les annonceurs ont désormais le choix pour passer leur publicité sur de multiples supports (télévisions, radios, journaux gratuits, Internet ou campagnes d'affichage par exemple). Et pendant les périodes récentes de crise économique, ils ont limité leurs budgets publicitaires. La presse quotidienne nationale est la plus touchée. Depuis trois ans, ses recettes publicitaires sont en baisse. Elle perd surtout les petites annonces (offres d'emploi, immobilier…) qui se dirigent vers Internet et les journaux gratuits.

Un avenir à défendre

Ce sont surtout les jeunes qui lisent de moins en moins la presse quotidienne. D'après une étude réalisée en 2004, la lecture des jeunes se heurte à trois obstacles: le prix trop élevé des quotidiens nationaux, leur distribution dans des lieux qu'ils ne fréquentent pas, leur contenu peu adapté à leur attente. Les 15-24 ans s'informent essentiellement par la télévision, par Internet et par les journaux gratuits. Ils composent un tiers du lectorat du gratuit « 20 Minutes ». Ainsi, les lecteurs de la presse quotidienne payante ont tendance à vieillir, alors que ceux de la presse gratuite (papier ou multimédia, c'est-à dire les journaux en ligne) sont jeunes. Ce constat laisse présager une aggravation future de la situation des quotidiens. Or, la presse d'information est le meilleur support pour les débats d'idées, et de son avenir dépend aussi celui de la démocratie.

 

 

 

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