3-2) Le journalisme citoyen

          Le journalisme citoyen est un aspect particulier du média citoyen qui est l'utilisation des outils de communication, notamment ceux apportés par Internet (site web, blog, forum...), par des millions de particuliers dans le monde comme moyens de création, d'expression, de documentation et d'information. Il y a un certain renversement dans ce domaine, le citoyen passant du rôle de simple récepteur à celui d'émetteur, devenant lui même un média.

          On appelle les acteurs du journalisme citoyen « Citoyen Reporter ». Il s’agit d’internautes qui souhaitent témoigner sur ce qu’ils voient, sur ce qu’ils entendent ou sur ce qu’ils constatent. Agoravox, Citizenside, iReport sont les principaux acteurs sur internet s'étant dotés d'une plateforme communautaire de journalisme citoyen.

Le journalisme citoyen peut être défini comme l'action de citoyens « jouant un rôle actif dans les processus de récupération, reportage, analyse et dissémination de l'actualité et de l'information ». Selon le rapport We Media, « Le but de cette participation [des citoyens] est de fournir les informations indépendantes, fiables, précises, diverses et nécessaires à une démocratie ». Le journalisme citoyen consiste généralement à fournir un moyen d'expression à des citoyens ordinaires, y compris des représentants des catégories les plus marginales et sous-représentées de la société.

Face à la concentration des médias que certains considèrent comme une menace pour la liberté d'expression et la diversité des opinions, Ignacio Ramonet appelle à la constitution d'un Cinquième Pouvoir, portant les revendications de la société civile et utilisant les canaux de diffusion du journalisme citoyen.

 

Extrait d'un article de Bruno Patino, publié le 26 avril 2006 sur Transversales sciences et cultures.

Journalisme professionnel et journalisme citoyen : à la recherche d’une coexistence

          "Une presse neuve est née sur Internet, avec son identité, son langage et une croissance si vive que ses concurrents s’en sont défiés. La crainte de perdre des lecteurs au profit des sites d’information est devenue la routine des journaux, avant que les médias audiovisuels s’inquiètent à leur tour. Ce jeu à somme nulle, où une presse gagnerait en audience ce que l’autre perd, constitue pourtant une vue fausse, étroite, d’une rupture historique.

Le journalisme s’aveugle. Il veut croire qu’un siège supplémentaire tendu à Internet suffira pour que les mêmes médias de masse prennent place autour de la table de l’information et jouent la même partie devant une audience muette. Mais Internet n’est pas un support de plus : c’est la fin du journalisme tel qu’il a vécu jusqu’ici. Car l’irruption du réseau a mis fin à un monopole né de la séparation entre émetteur et diffuseur : celui d’intermédiaire en information.[...]

Mais est-ce nécessairement un progrès ? Le journalisme est le produit d’un paradigme démocratique fondé sur l’émergence de corps intermédiaires, qui, par la vision qu’ils ont de leur mission, renforcent la conscience commune qui permet de vivre ensemble. Le journalisme « citoyen », s’il succombe au vertige de la croyance dans la simple auto régulation comme seule ligne de conduite, risque de plonger chacun devant le spectacle de sa propre solitude face à des masses émiettées. Alors que pointe la menace des algorithmes diffusant, transformant et relayant l’information sans plus d’intervention humaine, journalisme professionnel et journalisme citoyen doivent s’entendre et marcher de façon conjointe, l’oreille de ceux-là étant attentive à ceux-ci, sans que ces derniers n’oublient ce qui, toujours, fonde le métier de ceux-là : une éthique de leur pratique avant le développement d’un savoir-faire."

 

 

 

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