1-6) Vu de France : spectacle et émotion

 

          Quand un drame se produit dans une région lointaine comme cela a été le cas pour le tsunami de 2004 en Asie du Sud-est, les médias français indiquent très vite s’il y a des victimes françaises ou occidentales. Si c’est le cas, de nombreux sujets leur sont alors consacrés, même si la population locale est plus durement touchée. De même, les médias privilégient les informations francophones, celles qui ont un lien historique avec la France, les anciennes colonies notamment. Ainsi, les sujets sont régulièrement consacrés à la Côte d’Ivoire, depuis la guerre civile, en 2002. Des français ont étés menacés, et l’armée française y est engagée. Traiter ce conflit permet aussi d’informer sur la politique étrangère de la France en Afrique.

          De plus en plus de médias privilégient les évènements spectaculaires et chargés d’émotion : les accidents, les catastrophes, les attentas, les crimes, mais aussi les scandales, surtout si ils concernent des personnalités connues. Ces sujets, souvent riches en révélations et rebondissements, incitent le public à découvrir chaque jour une nouvelle information. Cette priorité donnée au suspens et à l’émotion laisse peu de place aux sujets complexes. Ainsi, durant la campagne du référendum sur la Constitution européenne au printemps 2005, les médias ont fait la part belle aux conflits entre dirigeants politiques. Très peu de sujets ont expliqués le fonctionnement de l’Union européenne et son projet de Constitution. Les journalistes n'auraient-ils pourtant pas pleinement rempli leur rôle s’ils ils avaient permis aux citoyens de mieux comprendre les enjeux de ce vote essentiel pour leur avenir ?

Du fait à son émission dans les médias : l'exemple du tsunami

          Le 26 décembre 2004 un tsunami d’une ampleur exceptionnelle a fait 295000 morts sur les côtes d’Asie du sud est et surtout en Indonésie Thaïlande et Sri Lanka. Cette catastrophe a occupé la une des médias du monde entier durant plusieurs semaines.

L’évènement se produit le 26 décembre 2004 à 1h10 du matin. Un séisme sous marin a lieu au large de l’île Indonésienne de Sumatra. Ce violent tremblement de terre soulève des vagues gigantesques qui atteignent les côtes de l’océan indien dans un délai de quelques minutes à 2-3h du matin.

Presque aussitôt les premiers échos du drame proviennent de centres scientifiques qui ont enregistrés le séisme, puis des populations touchées par les vagues ainsi que les autorités locales, les habitants et les touristes. Entre 3 et 5h du matin, des agences de presse émettent leurs premières dépêches et proposent en ligne leurs premières photos. Les chaînes d’information en continue et les sites internet annoncent la catastrophe. Les informations sont très imprécises. Les premiers flashs font état de quelques morts.

Quelques heures après les journalistes des pays touchés et les correspondants permanents des médias étrangers dans ces pays sont très vite sur les lieux. Les grandes rédactions du monde entier envoient des reporters sur place.

 

Quelques jours après photographes et envoyés spéciaux constatent les dégâts et interrogent les victimes dont les touristes occidentaux auxquels les lecteurs s’identifient facilement. Ils récupèrent aussi auprès des touristes rescapés sur place ou dans les aéroports des vidéos amateurs montrant l’arrivée des vagues. Les journalistes envoient leurs premiers reportages. Certains interviennent en direct par téléphone à la radio ou au journal télévisé. Le tsunami fait la une de tous les quotidiens puis les hebdomadaires proposent des éditions spéciales avec photos, analyses, témoignages, interviews, récits.

Une semaine après les rédactions continuent à visionner et mettre en forme les reportages de leurs journalistes présents sur le terrain. Les dépêches, les communiqués de presse et les images inondent les rédactions. Le bilan des victimes ne cesse d’augmenter. Les déclarations de dirigeants politiques et les débats sur la prévision des catastrophes se multiplient, les premiers secours affluent du monde entier. La diffusion des journaux, l’audience des chaines et le trafique des sites internet connaissent des pics records. Les journaux continuent de proposer des éditions spéciales.

Quelques semaines après des blogs diffusent photos amateurs et avis de recherches lancés par des proches de disparus. Ces personnes sont interviewées par des journalistes. Radios télévisions et journaux multiplient les éditions ou soirées spéciales. Ils diffusent de nombreux témoignages qui privilégient l’émotion et font appel aux dons en communiquant les coordonnés d’associations humanitaires. Dans le monde entier la mobilisation est d’une ampleur sans précédent : des personnes font des dons aux associations pour aider les vicitimes, de nombreux Etats promettent des soutiens financiers au pays sinistré. Peu à peu l’intérêt s’émousse et la place accordée à ce sujet diminue.

 

 

 

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