1-5) L'écriture journalistique : le choix des mots, le poids des images

 

          Pour être bien compris, les journalistes utilisent des phrases courtes et précises. Pour éviter les répétitions, ils ont recours à des expressions souvent imagées. Par exemple, ils diront « le 7eme art » pour parler du cinéma. Ces expressions peuvent être amusantes et originales : dire que « le garde des Sceaux fait grincer le Parquet » est plus savoureux que d’expliquer que le ministre a pris une décision qui ne satisfait pas les magistrats. Cependant, l’utilisation excessive de ce genre de formules rend souvent l’information difficile à comprendre. Elles peuvent embrouiller le lecteur et trainer avec elle des idées toutes faites. Par exemple, au lieu de parler des banlieues, on parle souvent des banlieues difficiles comme si les banlieues posaient automatiquement problème.

          Le récit de l’actualité est composé de mots et d’images. Leur choix n’est jamais fait à la légère car chaque mot et chaque image véhiculent une signification particulière. Les journalistes se posent toujours la question de ce qu’ils doivent montrer au public. Quelle est la frontière entre l’information et la curiosité déplacée ? Après un attentat, faut-il montrer les victimes avec une photo choc ou suffit-il d’annoncer le nombre de morts et de blessés ? Cette décision se fait au cas par cas et dépend des journaux. Les mots aussi ont un pouvoir et leur choix oriente le texte. Dans le cas d’un conflit, par exemple, le journaliste peut choisir de nommer les hommes qui se battent sous le terme de « militants », de « combattants », de « résistants » ou « d’activistes », « d’extrémistes », de « terroristes »… D’un mot, le journaliste peut condamner l’action de ces hommes, ou bien la rendre juste. La recherche de personnages connus, par exemple dans un domaine politique, constitue la richesse de l’information.

          Dans le monde des médias, informer signifie « faire savoir », « rendre public » : les journalistes expliquent aux citoyens des faits, ils leurs donnent des informations qui leur permettent de mieux comprendre la société et le monde. Communiquer signifie « se faire connaître », dans le but de convaincre ou de séduire le public, voire de l’influencer. Ainsi, un homme politique organise des rencontres, diffuse des petits films sur son programme avant les élections, pour convaincre les électeurs de voter pour lui ; des associations présentent leurs actions pour obtenir des dons… Les entreprises communiquent en faisant de la publicité : elles montrent leurs produits de manière avantageuse, pour inciter un maximum de personnes à les acheter. Les médias, dont le rôle premier est d’informer, accordent une place de plus en plus importante à la communication. Au point que les limites sont devenues floues entre information, publicité et communication. Les médias fonctionnent comme des entreprises et doivent donc faire des bénéfices. Aussi, les journalistes sont-ils tiraillés entre la nécessité d’informer, qui est leur principale mission, et celle de séduire le public le plus large possible. Cela peut ammener à la désinformation, c'est-à-dire le fait de diffuser une information faussée ou incomplète dans le but d'interresser les lecteurs ou auditeurs, mais en trompant l'opinion.

           Mais pour respecter parfaitement leur profession, les journalistes se doivent d'obéir aux principes de l'écriture journalistique (cf annexes, les principes du journalisme). Ces principes sont évoqués dans la charte des devoirs, et peuvent être, par exemple, la liberté de presse ou l'interdiction à l'injure et à la diffamation publique.

 

 

 

 

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